PREMIÈRE PARTIE. CHAP. X
ration, périssent les traîtres \ vive la liberté ! Ce n’est qu’avec peine qu’on est parvenu à les retenir ; ils voulaient tous venir défendre la représentation nationale. On a mis entre leurs mains des fusils qui étaient dans un magasin près du camp, et ils ont juré qu’on ne les leur arracherait qu’avec la vie. •
)• On applaudissait encore à l’élan énergique de ces jeunes âmes, *t à la conduite toujours républicaine des canonniers qui, attirés, suivant le rapport d’un citoyen , par la municipalité , sur la place de la maison commune, ont déclaré qu’ils n’obéiraient qu’à la Convention , lorsqu’un membre annonce que les habitans de Paris , toujours dignes de la liberté qu’ils ont, jusqu’à présent, si bien défendue, courent aux armes de toutes parts , mais qu’aussi , au moment même , les conspirateurs électrisent les esprits , et que Robespierre a dit qu’avant deux heures il marcherait sur la Convention. f( C’est à nous à le devancer , ajoute l’orateur: » quand on est sur un volcan , il faut agir et ne pas » perdre en délibérations un temps précieux ; » il est temps de terminer cette lutte entre » la liberté et la tyrannie , entre la Convention na- » tionale et ceux qui veulent l’égorger. » Il demande que des mesures promptes et efficaces soient prises pour s’emparer des conspirateurs, afin que leurs têtes tombent avant une heure.
)) Les membres des deux comités sont aussitôt
invités par le président à se retirer dans une salle
a48 HISTOIRE DE LA. COJtYEHTlOK NATIONALE.
voisine pour y délibérer ; et les citoyens présens à la séance , tant aux tribunes que dans une portion de la salle , • sortent en foule , courent aux armes, et vont former, en dehors, un rempart à la représentation nationale qui , ferme à son poste, montre le courage , l’énergie et le dévouement qu’a droit d’attendre d’elle le peuple fier et libre au nom duquel elle parle et commande l’anéantissement de la tyrannie. Elle a parléi^ et déjà le tyran n’est plus.
« Le lâche Robespierre est là , dit le président, M on l’apporte sur un brancard : vous ne voulez U pas , sans doute , qu’il entre.
, M Qu’on apporte dans 'le sein de la Convention » le corps d’un homme couvert de tous les crimes! « JVon ! s’écrient mille voix ; le cadavre d’un tjrran ne peut que porter la peste / c’est à la place de la Révolution que ce monstre et ses complices doivent trouver leur dernier asile. Et son corps mourant est emporté loin du sanctuaire des lois , qu’il a trop long-temps profané : mais la Convention charge les deux comités de prendre les mesures nécessaires pour que le glaive de la loi le frappe sans délai, ainsi que tous ses complices.
») A la joie qu’excite dans tous les cœurs ce triomphe sur la tyrannie , succède la certitude qu’il est complet , que la maison commune est réduite, et que les républicains sont victorieux J les citoyens viennent partager l’allégresse générale; ils rentrent en foule , et sur leurs pas arrive Bourdon de l’Oise,