‹ Histoire de la Convention nationaleChapitre 78 sur 119 · PREMIÈRE PARTIE. CHAP. X · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. CHAP. X

un des membres adjoints au commandant-général, dont l’empressement annonce qu’il n’apporte que de bonnes nouvelles.

« Victoire! s’écrie-t-il en montant à la tribune, M victoire ! les traîtres n’existent plus. » De longs et vifs applaudissemens l’empêchent , pendant plusieurs minutes , de continuer le récit qu’il commençait.

Il le reprend : « Mais, avant d’entrer dans les dé- » tails , souffrez , dit-il , que ce brave gendarme I) que vous voyez , soit à mes côtés à la tribune. M 11 ne m’a pas quitté ; seul il a frappé deux des » conspirateurs. ( Par ordre de la Convention , ce républicain courageux prend place à la tribune , à côté du représentant du peuple, au milieu des plus éclatans témoignages de la joie publique.)

U En sortant d’ici , poursuit l’orateur , j’ai été » chercher des forces dans les sections des Lom- M bards, des Arcis et des Gravilliers, pour faire M le siège de la maison commune; noos avons dé- » bouché sur la place par plusieurs colonnes. A » notre approche les citoyens égarés ont ouvert » les yeux, et les lâches ont fui. Nous avons trouvé » Robespierre aîné armé d’un couteau que ce brave )) gendarme lui a arraché. 11 a aussi frappé Cou- » thon qui aussi était armé d'on couteau. Saint- » Just et Lebas sont'pris. Dumas et quinze ou )) vingt autres conspirateurs sont renfermés dans » une chambre de la maison commune, qui est •I bien gardée. Nous avons chargé trois citoyens :

aSo IIISTOniE DE I,A CONVENTION NATIONALE.

» Fun d’amener ici les prisonniei’s; l’autre de veil- ») 1er à la caisse ; et le troisième de faire des re- » cherches pour de'couvrir les autres conspirateurs » qui pourraient s’être cachés. Il est vraisemblable » qu’Henriot s’est échappé; car des citoyens i) m’ont dit qu’ils l’avalent vu fuir : mais', comme » ils ne connaissaient pas votre décret, ils n’ont pas » couru sus. Enfin, citoyens, la liberté triomphe M et les conspirateurs vont bientôt paraître à votre » barre. — iVon , non, s’écrie-t-on de toutes parts. » — Voici un porte-feuille et des papiers saisis sur >) Robespierre. Voici enfin une lettre trouvée sur )) Couthon , signée Robespierre et Saint-Just. Elle » est conçue en ces termes : Couthon , tous les » patriotes sont proscrits, le peuple entier est levé; » ce serait le trahir que de ne pas te rendi’e à la « maison commune où nous sommes. »

» Legendre, un des membres nommés pour diriger la force-armée, vient faire son rapport. « En » apprenant , dit-il , la déroute des rebelles , je me M suis transporté aux Jacobins ; j’ai fait entendre » la voix de la patrie aux bons citoyens ; je me suis » mis à la tête de dix d’entre eux, et, le pistolet à » la main , j’ai pénétré dans la salle où s’étaient » rassemblés, non pas des jacobins, mais d’in- M fanies usurpateurs de ce nom cher à la liberté , » des conspirateurs qui correspondaient avec la » municipalité rebelle et les chefs de la conjura- )) tion , sur les moyens de perdre la liberté. Mon » dessein, je l’avoue, était de brûler la cervelle à

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