PREMIÈRE PARTIE. CIIAP. X. a5l
» celui qui les présidait, au scélérat Vivier, si je M ne pouvais l’arrêter : mais le traître s’est sauvé n dans la foule, et dans la crainte de frapper un )) innocent, je me suis arrêté. Mais je n’ai pas » voulu que l’asile du patriotisme fût plus lou"- » temps ouvert au crime, j’en ai moi-même M fermé les portes, et je vous en apporte les clefs.
w J’ai de nouveau fait entendre au peuple le » laniiage de la liLerlé ; je lui ai dit que la Cou- » veution tout entière avait sauvé la patrie j que , » loin d’attaquer les jacobins, elle serait elle-même » tout entière jacobine. » Après quelques débats sur l’usage que l’on devait faire des clefs de la salle «le la société des jacobins , la Convention décrète qu’elles seront l’emises aux deux comités de salut public et de sûreté générale.
» Un membre observe aussitôt que celui qui , cette nuit , a présidé les jacobins et correspondu^ avec la commune , doit être mis au rang des rebelles et traité comme tel. Il demande , en conséquence , et la Convention nationale décrète que le nommé Vivier, qui a présidé les soi-disant jacobins dans la nuit du 9 au 10 thermidor, est mis hore de la loi.
» A peine ce décret est rendu, qu’on entend beaucoup de bruit à l’extérieur ; un membre vient annoncer que ce bruit est l’effet de la joie qu’excite l’arrestation d’un des principaux conspirareurs , de Fleuriot-Lescot , njaire de Paris. Cette annonce est suivie des plus vifs applaudissemens qui se
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prolongent en apprenant , de la bouche de quelques citoyens qui se présentent à la barre, que L ebas s’est lui-même fait justice et s’est tué. Ces citoyens déposent en même temps les registres contenant les arrêtés pris dans le jour d’hier et dans le cours de cette nuit par la commune, ainsi que le cachet dont elle se servait pour les sceller : et c’est avec horreur qu’on apprend que ce cachet , tout neuf, porte l’empreinte d’une fleur de lis surmontée d’une couronne d’étoiles , signé manifeste de la scélératesse et du projet des conjurés de rétablir la royauté. Les registres et le cachet sont renvoyés aux comités de salut public et de sûreté générale.
» 11 est sept heures du matin , lo thermidor : le >■ calme règne ; partout des cris de joie se font entendre et viennent retentir à la Convention nationale , où ils sont répétés et par les membres qui la composent , et par les citoyens qui assistent à cette séance , mémorable par l’énergie républicaine qu’ont déployée, tour à tour et tous ensemble, le peuple et ses représentans; à cette séance où les habitans de Paris ont encore montré cette vigueur d’exécution , cette haine de la tyrannie , cet amour de la liberté, ce constant et inaltérable attachement à la représentation nationale , qui les caractérisent, et que tant de fois ils ont manifestés.
Il Quelques conspirateurs restent encore à saisir ; mais le zèle de tous les citoyens en assure la prompte arrestation , et permet aux représentans