‹ Histoire de la Convention nationaleChapitre 83 sur 119 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

U('iioiicialioii!< des dcpartcinous contre les missionu.aircs inoii- Ugiiards. — Procès de Carrier, LcIjou , Fouquicr-Tinville. — , Accusation des jiriucipaiix ineinbics du cotnilé de salut publie et du coniité de sûreté générale. — Mouvement du ta germinal. — Constitution de l’an III. — Iléaction dans le midi. — Insurrection du 1 prairial.

Tous les départemens respirèrent après le g thermidor ; un commencement de liberté honnête fit trembl er à leur tour ceux qui avaient abusé jusquelà de la terreur envers les autres. 11 fut alors permis aux opprimés d’élever la voix et de se plaindre directement des députés missionnaires qui avaient autorisé le mal par leurs propres exemples et comniis les plus grands excès à l’aide de leurs pouvoirs sans limites : l’Assemblée était dans l’usage de lire toutes les adresses, le matin à la tribune avant l’ordre du jour. Quelque temps après la chute de Robespierre , elle reçut des plaintes générales contre les oppresseurs qui avaient été soutenus par lui dans les départemens. Elle fut étourdie et souvent scandalisée de dénonciations si journalières , graves, et si méritées. Un de .ses membres , interprète du sentiment commun à tous les autres , s’écria : « Eh ! pourquoi donc faut-il que nous soyons » condamnés à entendre chaque jour le récit de

2r>6 HISTOIRE DE I.A CONVENTION NATIONALE.

M pareilles horreurs sans que la Convention prenne » aucune mesure à leur égard Voudrait-on nous ») faire partager la honte et la peine des forfaits » que nous détestons? Puisque nous sommes en- >) fin parvenus au règne de la justice et de l’huma- » nité, les députés, moins que les autres, doivent » être exempts des peines portées par les lois ; le » temps des lois tyranniques et barbares est passé, » c’est maintenant aux lois éternelles de la Justice, M à ces lois dictées par la sagesse et la vérité, à re- >1 prendre leur empire sur tous, et plutôt sur ceux » qui sont tenus dans leurs fonctions de n’en faire » et de n’en suivre que de pareilles. En conséquence M je propose que toutes les adresses où les députés » envoyés ci-devant en mission dans les départe- » mens sont dénoncés pour de grands crimes, » soient renvoyées au comité de législation ; que le comité fasse un rapport fidèle de leur contenu » ainsi que des pièces qui les justifient; et que la » Convention prenne ensuite le parti qu’elle jugera » convenable envers les déyoncés qui lui paral- )j tront coupables. Il ne faut pas que les innocens, I) dans cette Assemblée , partagent les reproches » adressés à des injustices qui leur sont étrangères. » Cette motion fut suivie d’un décret qu’on expédia au président du comité de législation. Celui-ci s’acquitta de ses devoirs en proposant au comité de nommer un rapporteur pour remplir les vues de la Convention. Mais personne nevotilut se charger de celte pénible commission; le temps s’écotdait.

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