‹ Histoire de la Convention nationaleChapitre 85 sur 119 · PREMIÈRE PARTIE. CIIAP. XII. a · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. CIIAP. XII. a

à fédéralisme, à fanatisme, à crime enfin , toute opinion contraire à la sienne , selon la coutume de la montagne qui traitait de révolte l’indignation ' excitée par ses violences. Quant à Lebon , trop fidèle à Robespierre , il fit couler des flots de sang innocent , et il se rendit aussi coupable de quelques concussions. Ayant vainement essayé de se défendre sur ces deux points, il fut mis, comme Carrier , en accusation , et coudamné à la mort par les tribunaux auxquels ils furent l’un et l’autre . renvoyés.

Fouquier-Xinville n’étant pas député , on n’observa , à son égard , aucune des formes nouvellement établies par la loi du 8 brumaire de l’an 111; il fui envoyé immédiatement devant le tribunal.

Il publia une défense assez bien raisonnée. Il croyait , comme Lebon et comme tant d’autres , être à l’abri de toute recherche par la protection de Robespierre et du comité de salut public , ne s’étant jamais permis d’exercer de son chef aucune poursuite contre personne. Mais on le punit d’avoir prêté sa main à la mort de tant de victimes évidemment innocentes, et d’avoir, par cette longue et constante cruauté , montré un caractère de bourreau digne de mort.

La Convention poursuivit également les membres du comité de salut public et de sûreté générale, qui s’étaient rendus complices de la tyrannie de Robespierre. Danton avait laissé des amis qui ne pardonnèrent jamais sa mort à ses auteui's. Us sa-

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vaieut que Robespierre n’avaîl livre que forcément cette victime à la féroce volonté de Billaud- Varenne qui en pleine assemblée , après le supplice de Robespierre , avoua le fait et parut même s’en glorifier. Cet imprudent aveu lui attira de redoutables inimitiés.

Une première dénonciation fut dirigée contre lui et contre ses amis par Le Cointre de Versailles. Cet homme singulier, mais honnête et droit, parut un instrument de la Providence pour ne laisser impunis dans la Convention aucun des grands criminels. Sans Le Cointre personne n’aprait ose attaquer de pareils hommes.

Cette première dénonciation faiblement soutenue, fut imputée à un état d’aliénation. Le Cointre fut déclaré foi^ , et sa dénonciation calomnieuse ; mais elle fut bientôt renouvelée comme vraie et suivie d’effets très-sérieux , car le zèle de la Convention augmentait chaque jour contre les assassinats , grossièrement couverts du nom et de la forme de jugemens, dans un tribunal où l’on n’admettait ni défense, ni défenseurs, ni témoins, ni pièces à décharge, pour les accuses. On entendait par intervalles, dans les séances , quelques mots très- énergiques contre les complices de Robespierre. Legendre, ami sincère de Danton, fut celui qui se montra leur adversaire le plus déclaré et le plus persévérant. Legendre, quoique boucher à Paris , s’était acquis dans la Convention un certain crédit, je dirai même une certaine estime parla droituredesessentiniens. Bientôt

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