‹ Histoire de la Convention nationaleChapitre 86 sur 119 · PREMIÈRE PARTIE. UHAP. Xlt · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. UHAP. Xlt

il s’érigea forniellemcnt en dénonciateur contre Billaud- J^arenne f Collot-fî' Iterhois y et Barrère y qu’il ne désigna plus que sous la qualification des trois grands coupables. Sa dénonciation fut appuyée, et l’on joignit à ces trois membres du comité de salut public, trois membres du comité de sûreté générale , aclier , Vonland , Aniar. Le comité de législation présenta à ce sujet un rapport qui fit une grande impression sur les esprits et qui alarma non sans fondement les dénoncés et leurs partisans.

Billaud-Varenne recourut à ses bons frères les jacobins qui pleuraient la mort de leur chef. Il leur fit un discours sur les effets désastreux de la réaction qui leur devenait commune. Les jacobins et les montagnards semblèrent s’éveiller en même temps, et ils préparèrent les deux insurrections des 1 1 germinal et i"' prairial. Saladin fut le rapporteur du comité de législation qui déclara qu’il y avait lieu à examen contre Billaud-Varenne , Collol-d’Herbois ,Bai’rère et Vadier. Ceux-ci eurent le temps , les moyens et la liberté de se défendre à la tribune de la Convention, mais leur justification n’ayant point été admise , ils furent envoyés devant le tribunal criminel de la Charente-Inférieure. Sur ces entrefaites l’insurrection du 12 germinal éclata, et l’Assemblée, soupçonnant les accusés de l’avoir suscitée , voulut se débarrasser d’eux promptement par la déportation. Cette peine s’exécuta contre Billaud- Varenne et CoUot-d’Herbois; Barrère et Vadier parvinrent à s’y soustraire.

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Après les insurrections des 1 2 germinal et i" prairial de l’an III , ou s’occupa avec plus d’ar- . deur encore, dans l’Assemble'e , de la constitution qui paraissait le seul port de salut pour tout le monde. L’on pensait communément que tous les malheurs du règne de Robespierre ne seraient point arrivés, si après avoir fait accepter et suivre sa propre constitution on l’avait suivie et exécutée. Mais pour, cela il aurait fallu céder à d’autres les places législatives ; c’est ce qui , sans l’opposition de personne , fit mettre la constitution de côté et ' suivre le gouvernement révolutionnaire.

Cependant cette constitution ne pouvait, dans les nouvelles circonstances, être admise telle qu’elle était Une commission de seize membres avait été établie pour dresser un règlement provisoire en attendant la constitution ; mais la montagne réclama l’exécution de ce code de 1793 par l’organe du député Chasles à qui Tallien répondit : « Il est » curieux de voir aujom’d’hul demander si avlde- » ment la constitution par ceux-là même qui l’ont » entravée. Eh ! qui ne voudrait pas à cette heure » la constitution de i7q 3? Mais elle ne peut aller » qu’avec un gouvernement ferme et constitution- » ncl. » C’était là ne rien dire, pui.sque la constitution même devait créer cc gouvernement ferme i et certes la constitution de 1 795 n’était bonne que pour donner un gouvernement sans cesse exposé à ces insurrections arbitraires dont Robespierre avait fait un devoir pour le peuple et pour chaque

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