‹ Histoire de la Convention nationaleChapitre 9 sur 119 · CS · texte numérisé non relu

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drapeau de Robespierre qui, depuis, l’a fait périr misérablement, sans autre raison que sa soiubre et féroce envie. Pétion et Robespierre avaient élé l’un et l’autre membres de l’Assemblée constituante “où ils avaient assez marché d’accord. Le premier avait pour lui la sagesse et les lumières ; il allait au but par des voies sages et solides ; Robespierre n’avait pour guide que ses petites passions et la voix fougueuse et insensée d’une ’popula'ce, et qui était toujours pi’ête à lever son bras pour lui. Au lieu de régler le gouvernement républicain de la manière la plus analogue aux mœurs' et au génie de la nation française ; au lieu de s’entendre afin d’exécuter cet important travail , le démon de la discorde et l’ame pervertie de Robespierre, tout occupée d’elle etd’efle seule , ne cessèrent de traverser toute mesure sage^ Pétion avait tous les gens sensés pour paitisans, ce dontRobcspieri'c était ardemment jaloux. Aussi, dès les premières séances de la Convention , on Vit deux partis bien prononcés l’un contre l’autre , et tous deux amis passionnés de la liberté, dans les premiers prijicipes de la révolution. Cela me fit une peine extrême, et m’embarrassa mais ne pouvant être ou l’ester partagé, je ne balançai pas î me ranger du côté de Pétion. Robespierre s’en aperçut et m’envoya à mon siège un de mes amis, son zélé disciple , pour me dire que si je crojais la rcmlution finie, je me trompais; que le parti le plus sûr était celui qui avait le plus de vigueur

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et le plus de force contre les ennemis de la liberté. Ce langage ne me convertit pas; j’y reconnus même le plus grand des torts , celui de s’autoriser de la continuation de la révolution, tandis qu’on se refusait à un accord qui seul pouvait y mettre un terme , puisque les ennemis de notre liberté n’avaient pas de plus sûr moyen que notre désunion pour nous la faire perdre. En effet, si alors que le roi était au Temple et la république décrétée, la révolution n’était pas finie dans l’intérieur même de la Convention , ce n’était donc plus entre ses membres divisés qu’une guerre de parti , guerre de passions et d’aveuglement , qui ne pouvait tourner qu’à la ruine de la chose publique.

Pénétrés de cette' désolante vérité, nous pressâmes, quelques-uns de mes collègues et moi, ceux du parti de Pétion , qui combattaient pour sa cause aux premiers postes, de vouloir bien sacrifier leurs goûts, leurs inclinations personnelles au bien de la paix dans la Convention. Nous les en conjurâmes au nom de la tranquillité de la France, sans laquelle la sûreté des citoyens commençait à êti*e compromise. Nous dîmes , nous fîmes tant qu’enfin nous les engageâmes’ à provoquer une conférence entre les principaux acteurs des deux partis pour convenir et arrêter, s’il était possible, des points de réunion entre eux. La conférence eut Heu : Danton y allait de bonne foi et désirait l’accord ; mais il n y eut pas moyen de gagner les autres. La paix eût tué

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