‹ Histoire de la Convention nationaleChapitre 91 sur 119 · PREMIÈRE PARTIE. CHAP. XIII. a · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. CHAP. XIII. a

malveillance dont aucun d’entre nous ne lui avait donné le moindre sigue , il veut se ménager au besoin une accusation contre nous en nous imputant des torts, et il replonge un grand nombre de familles dans les afllictions dont il a été seul originairement la cause. Ma réponse à Fréron,dans laquelle je fus obligé de parler de son compagnon de mission , Barras , me valut un souvenir de la part de celui-ci quand il fut fait directeur. Il prétexta mes complaisances pour les émigrés et me fit mettre au Temple. Comme l’on m’y laissait sans terme , je me plaignis et je demandai ma liberté ou mon jugement. Le Directoire m’accorda mon jugement qui, après quelques dégoûts dans la procédure , fut on ne peut pas plus glorieux pour moi. Vingt députés de mes amis, parmi lesquels étaient MM. Baudin des Ai-dennes, Lebrun, Jourdan , etc. , vinrent rendre un témoignage honorable de moi et de ma conduite. Ainsi acquitté, je fls une pétition au Directoire pour mon indemnité. Il me fit compter mille francs par le ministre de la police. Retiré’ dans mon pays à l’époque de la révolution dernière de l’an VIII , je ne. voulus point retourner à Paris , et je ne demandai qu’une place dans les tribunaux de ce département pour me tenir lieu de sauvegarde. Je fus d’abord nommé président au tribunal de Tarascon, puis juge en la cour d’appel d’Aix. Je m’en suis retiré par nécessité, âgé de quatre-vingts ans , avec une pension de retraite de mille francs , à laquelle je crois que j’ai ^^uelque droit par mes longs services.

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Je dois ajouter à ce chapiti’e , que me trouvant à Saint-Remy , ma patrie et mon domicile , le g thermidor, jour de la fête civique pour ^ rchute de Robespierre, et sachant que dans celte cdm^ mune on n’avait pas plus de réserve qu’ailleurs envei’S les patriotes en fuite ou en prison, je prononçai au pied de l’arbre de la liberté le discoui^^ suivant: fc

t< Citoyens , nous avons tous voulu la révolution ;

» tous ici gens du tiers-état, nous y trouvons les » plus grands avantages ; mais à quel prix des scé- » lérats nous les ont fait payer ! par quelles pertes !

» par le sacrifice de combien de victimes! Ci- I) toyens , jetons pour toujours un voile sur ces * » horreurs ! Le ciel est venu à notre secours : car,

» ne vous y trompez pas , la journée du g thermi- » dor, dont nous célébrons le doux souvenir,

» ne fut pas un événement naturel; nous n’en » faisons aujourd’hui la fête que pour honorer » les deux vertus les plus chères à la république ,

» la justice et l’humanité. J’y ajouterai la clé- M mence en faveur de ceux qui n’ont été qu’én garés dans leur conduite ! Malheur à nous, si,

M gémissant encore sur leg cruautés de nos tyrans ,

« nous les imitons dans nos vengeances I Malheur » à nous si , par une réaction sans bornes , noüs^. n fermons à nous-mêmes le chemin de la pâix ,

H de cette paix sans laquelle il n’y a dans la vie )) ni jouissance ni bonheur. '*

» I^a Convention nationale qui m’a envoyé ilans

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