PREMIÈRE PARTIE. CHAP. XIII
» ces contrées , sait ce qni s’y passe : elle sait que )> ceux-là craignent le glaive de 1» loi qui en bra- » vent l’autorité ! C’est la seule que tout nous force » de respecter. La religion elle -même nous le M commande : oui, citoyens, la religion ! Anathème » à qui vous dira le contraire en son nom ! Ana- M thème à ces faux docteurs qui méconnaissent » les droits du peuple dans la forme de son gou- » vernement; ils désirent la monarchie et em- ,
» -ploient tous les moyens pour la ressusciter.
>) Mais qui, d’entre nous , ci-devant roturiers , pour- >) rait , après tant de peines et de victoires , re- » noneer aux droits de l’homme, aux droits si pré- » cieux de la liberté , de l’égalité devant la loi ?
» Qui d’entre nous peut avoir oublié ce qu’il était M et ce qu’il a souffert sous nos rois et sous nos » ci-devant seigneurs? Non, citoyens, je m’en )» assnre par votre 'constance , par cette fête » même , tous nos triomphes sur d’injustes pré- » jugés vous réjouissent, vous flattent. Ne mal- )) traitez donc pas ceux qui s’y sont aidés puissam- » ment , sans lesquels peut-être nous serions en- » core foulés, anéantis. Vous voulez toujoui’s être w libres , et la liberté conquise par la nation vous >) plaît. Soyez donc libres avec justice , libres M comme le sage qui , régnant paisiblement et )) fièrement sur lui-même, ne voit de bonheur .*
» pour chacun que par le règne de la loi sur tous.»
Depuis le commencement de la révolution, le royalisme n’a pas quitté un moment les portes de
a88 HISTOIRE DE LA CONVENTION NATIONALE.
l’Assemblée nationale pour profiter de tout ce qui pouvait servir |iu retour de la monarchie , telle qu’elle était , avec ses seigneurs et ses seigneuries, avant les états-généraux de quatre-vingt-neuf. S’il fut une occasion où ses efforts , jusque-là^ sans succès, semblèrent devoir réussir, ce fut à l’époque où la Convention , après avoir fait tant de maux et causé une lassitude si générale par l’exercice de son pouvoir illimité, présenta une constitution qui donnait des successeurs à ses membres. Ce moment était tant désiré par tout le^ monde que les lois par lesquelles les conventionnels maintinrent les deux tiere d’entre eux dans l’assemblée suivante, aigrirent prodigieusement les 'esprits; mais, instruits par l’exemple des constituaris qui avaient eu lieu de se repentir de n’avoir pas prorogé leur session pour soutenir eux-mêmes la loi qu’ils avaient faite, les conventionnels ne firelht point la même faute , et , malgré le déchaînement général , ils firent prévaloir les décrets des 3 et 7 fructidor. Aloi-s tous leurs ennemis les attaquèrent sans ménagement. Paris devint le centre des manœuvi’es contre - révolutionnaires. Les sections , ayant à leur tête la fameuse section Le Pelletier , qui les dirigeait , vinrent les unes après les autres à la barre de la Convention insulter à tous ses mem-^ bres. K Vous êtes tous coupables , disaient-ils , n vous êtes aussi indignes les uns que les autres » de siéger davantage dans le sénat de la nation , )» vous , montagnards , pour tous vos crimes , et