‹ Histoire de la Convention nationaleChapitre 94 sur 119 · PREMIÈRE PARTIE. CHAP. XIII. agi · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. CHAP. XIII. agi

sur les mêmes principes républicains, son esprit était à peu près le même.

Au lieu d’introduire , comme elle l’aurait dû j l’esprit d’ordre , de patriotisme et de fraternité j elle maintint Ifes mêmes divisions et les mêmes animosités de parti qui désolaient la France depuis la fin de l’Assemblée constituante. Le code de l’an IV d^laisait aux jacobins qui ne voulaient que la constitution de Robespierre , et aux royalistes qui avaient su mettre dans leurs intérêts le nouveau tiers des députés. Aussi , dès l’ouverture de la nouvelle session, la guerre devint ouverte entre le Directoire et le Corps législatif. Les directeurs, exempts de toute gêne par l’absence d’un jury constitutionnal qui les eût contenus , et voyant à leurs pieds le plus grand nombre des législateurs, à cause des places qu’ils avaient a donner, ne gardèrent pas même les bienséances à l’égard des lois. Leur conduite irrégulière excita contre eux de justes plaintes entremêlées de menaces ; les directeurs en prévinrent les effets paV des déportations à Cayenne. La journée inconstitutionnelle du 1 8 fructidor acheva d’aigrir les esprits contre eux. Le Corps législatif s’indigna de l’abus que le Directoire exécutif faisait de son pouvoir; et il força ses principaux membres à donner leur démission.

C’est dans ces circonstances orageuses que Bonaparte parut sur les côtes de Provence , revenant d’Égypte. 11 fut reçu comme un sauveur par le

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plus grand nombre J et Dieu l’avait fait triompher de tous les obstacles. Lors de son élévation au consulat, il fit ouvrir les églises : ce qui lui a attaché les catholiques; et il ramena l’ordre dans toute la France.

Je dois dire , en finissant, que si la philosophie à laquelle on doit les nouveaux principes de la révolution s’en fut tenue aux actes de la première Assemblée ; si elle se fût bornée à la consécration des droits de l’homme en société qui sont incontestables , et qui ont réhabilité le tiers-état accablé sous l’oppression de la noblesse , elle aurait élevé , par la constitution de 1 79 1 , le plus beau monument à la gloire de r'himianité et à la sienne propre. Mais pourquoi faut-il qu’on puisse reprocher à ses disciples de s’être érigés, pour une liberté toute conquise , en persécuteurs , en bouiTeaux de ceux qui ne pensaient point comme eux sur les principes de la révolution ? Pourquoi faut-il qu’ils aient été ^ intolérans contre les prêtres, après avoir tant et si long-temps déclamé contre l’intolérance romaine ? Ils ont violemment attaqué les autels et les trônes , et ils ont été obligés de revenir à la religion , à la monarchie ; heureusement c’est avec tous les avantages acquis par lés premiers constituans en faveur du ci-devant tiers-état réduit, dans l’ancien régime, à la condition la plus misérable et la plus humiliée. Aussi ceux de cet ordre, qui font chorus avec les deux autres contre la révolution , mériteraient d’être ramenés seuls à notre ancienne servitude.

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