DE LANJUINAIS
ceux qui ne se soumettent pas à la suspension , et ceux qui sont absens , soieiit*envoyés à l’Abbaye ^ cédant ensuite à des répugnances très-manifestées , ils se contentent de demander que tous soient mis en arrestation chez eux. De généreux députés s’indignent et protestent hautement contre la violence et coiitre ce qu’on va faire. La liste est décrétée en masse , et fort lestement , par le président Hérault, * quoique le côté droit ne prit point de part à la délibération, ou n’en prît que pour réclamer.
La séance est levée ; mais il était défendu de sortir. Il fallut reprendre quelques vains débats , et attendre une demi-heure pendant qu’on allait solliciter la levée des consignes , soit auprès du commandant Henriot , soit auprès du comité insurgent.
O Parisiens ! Voilà ce que les factieux appellent une superbe journée , une belle insurrection mo- ^ * raie ; et moi je vous dis que c’est le plus horrible attentat qu’on puisse commettre ; c’est un grand mouvement contre-révolutionnaire ; c’est la dissolution de la Convention ; c’est la mort de la république et de la liberté. 11 ne suffit pas d’agiter vos chapeaux au bout de vos piques et de vos baïonnettes , et de crier vive la republique. Les tyrans arrêtent maintenant par centaines vos parens, vos voisins, vos amis ; ils les massif reront demain comme en septembre ; ils vous désarmeront ; ils vous pilleront , comme ils se tuent de le dire depuis si long- ■ temps , et vous feront bientôt crier vive le roi.
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