ÉTAT DES FINANCES
lesquelles on le trouvait toujours prêt. Le premier article disait : « Le ministre actuel de la guerre sera changé. » Les autres articles partageaient le ministère en six divisions, chacune dirigée par un adjoint. C’était sous d’autres noms, confirmer l’organisation existante.
Beurnonville fut élu ministre de la guerre ; les Girondins avaient voulu nommer un de leurs amis, Achille Duchâtelet.
Dumouriez avait quitté Paris huit jours auparavant, sans avoir obtenu aucune décision. Le décret du 1 5 décembre, dont les effets lui paraissaient de plus en plus funestes, était maintenu. C'était surtout Cambon qui l’avait voulu et qui ne consentait point à s’en départir. 11 calculait, parmi les ressources nécessaires aux dépenses immenses et mal réglées qu’il avait à payer, l’argenterie des églises de Belgique et le numéraire des caisses publique?. « Quand on aura ruiné ce pays-là , disait-il , quand on l’aura mis au même point de détresse que la France, il faudra bien que les Belges en viennent à la réunion. »
En ce moment Cambon avait à solder une armée de six cent mille hommes, dont la moitié appartenait aux gardes nationales placées en garnison dans les villes fortes. La Convention votait sans nulle difficulté de nouvelles émissions d’assignats. Ce papier-monnaie n’avait plus un gage déterminé. Quelle était la consistance des biens nationaux ? lesquels mettrait-on en vente ? trouverait-on des acheteurs ? ne déterminerait on pas un avilissement dans le prix des propriétés territoriales, en les vendant en profusion , au moment même où leurs revenus étaient diminués?