DISCOURS SUR LE MINISTÈRE DR LA GUERRE
moyens de l'exécuter. » — Peut-être fut-on étonné de l’exemple qu’il donna. — « Voyez le duc de Choiseul, il sut suffire à tout. » C’était une justice à rendre au ministre qui, après la guerre de sept ans, avait présidé à une nouvelle formation de l’armée française.
Salles ne respecta point la solennité théorique du rapport de Sieyès; il fit remarquer que de tout temps et nécessairement le ministère de la guerre avait été subdivisé, qu’il y avait toujours eu des bureaux et des commis chargés d’une branche spéciale; mais que les ériger en grands fonctionnaires, c’était accroître la dépense, troubler la hiérarchie et sans doute augmenter le désordre.
La principale critique porta sur la haute puissance que Sieyès attribuait au chef d’une armée en campagne, sur tette sorte de ministère et de gouvernement dont il voulait l’entourer. Salles y voyait un danger sur lequel il s’expliquait sans détour. Sa crainte étaitqu’un des fils du duc d’Orléans, victorieux, aimé des soldats qui occupaient la Belgique, ne trouvât, dans une telle organisation, et avec l’appui de l’Angleterre, un moyen de se faire duc de Brabant et plus tard roi de France.
La discussion se prolongea longtemps, et le projet de Sieyès perdit peu à peu son importante autorité. Au fond , la véritable question c’était la présence de Pache au ministère de la guerre. Il avait mis un tel désordre dans ce département, que les Jacobins n’essayèrent plus de le défendre. D’ailleurs, ils voulaient le mettre à un poste où il devait leur être plus utile. Chambon, maire de Paris, avait donné sa démission. Faire de Pache son successeur était une combinaison habile.
Barère fit une de ces rédactions expéditives pour