ORGANISATION DE I. ARMÉE
puissants contre vous-mêmes ; vous rétablissez la monarchie. Je ne considère ici que la liberté du peuple, le droit des soldats , l'abaissement de toute autorité devant le génie de l’indépendance populaire. Aussitôt qu’un homme est en place, il cesse de m’intéresser; je le crois en état de dépendance. Commandement est un mot impropre : on observe la loi, on ne commande pas. L'n jour, quand la tradition de la monarchie sera perdue, les rangs militaires ne seront pas distingués par la solde, mais par l’honneur. Les rangs sont une chose imaginaire. L’homme en place est devenu étranger au souverain; celui qui n’est rien est plus qu’un ministre. »
C’était ainsi que les hyperboles d’un rhéteur et l’entraînement de son aveugle logique prenaient place et puissance dans le gouvernement d’une grande nation ; une impitoyable présomption appelait sur la patrie une longue suite de dangers et de malheurs.
Le projet de Dubois-Crancé renfermait une disposition fondamentale qui était non -seulement utile, mais indispensable; le premier article portait : « A l’avenir, il n’y aura plus de différences, ni de distinctions entre les troupes appelées régiments de ligne et les volontaires nationaux. »
Ainsi les bataillons de garde nationale se trouvaient incorporés à l’armée, soumis aux mêmes obligations et à la même discipline. C’était beaucoup, car la force des choses devait, en dépit des déclamations et des décrets, maintenir la discipline militaire. L’élection fut, en réalité, très-peu pratiquée. Le droit donné à l’ancienneté eut d’abord de très-facheux effets; l’exagération des idées d’égalité avait fait reposer ce droit, non pas sur l’ancienneté de grade, mais il. ' 24