‹ Histoire de la Convention nationale. T. 2Chapitre 104 sur 137 · LEVÉE DE TROIS CENT MILLE HOMMES · texte numérisé non relu

LEVÉE DE TROIS CENT MILLE HOMMES

sur l’ancienneté de service. On n’avait point prévu les résultats bizarres et absurdes de cette règle. Le pouvoir absolu et arbitraire des commissaires corrigea l’exécution du décret, tout en procurant parfois des choix très-étonnants. D’autres décrets fournirent, assez longtemps après, des moyens indirects d’échapper à de si graves inconvénients; toujours est-il qu’il ne tint pas à la Convention de porter le désordre dans l’armée.

L’incorporation des bataillons de volontaires eut un autre avantage. Tout s’était fait avec une telle urgence et avec si peu d’ordre, que les bataillons d’un même régiment avaient souvent été dirigés; de leur garnison ou de leur dépôt, à des armées différentes, selon la nécessité des circonstances. Recomposer les régiments en réunissant leurs bataillons dispersés n’était pas une mesure exécutable; la création des demi-brigades permettait de former des corps nouveaux et de rétablir ainsi l’unité qui avait été rompue.

11 ne suffisait pas de procéder avec plus ou moins de discernement à l’organisation de l’armée; la guerre allait recevoir un tel développement, le nombre des ennemis de la France venait de s’accroître d’une manière si menaçante, qu’évidemment il fallait augmenter la force militaire. Les puissances étrangères, qui ne combattaient point pour leur salut, ne voyant pas de nécessité à changer soudainement leurs habitudes et leur état militaire, attaquaient la France avec des troupes bien disciplinées, mieux exercées, mieux approvisionnées que les armées républicaines. 11 était donc nécessaire de compenser cette inégalité par le nombre. Déjà on s’était aperçu à Jemmapes que non-

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