MISÈRE DES VILLES DE COMMERCE
en est dans la Convention. — Vous le voyez, c’est avec les subsistances qu’on égorgera la liberté publique. — - Je ne sais presque plus où nous en sommes, où nous sommes conduits.... 11 existe un projet de tout désorganiser. Je ne puis croire que les citoyens de Paris viennent se plaindre, lorsque naguère vous avez accordé quatre millions pour que le pain leur coûte moins cher que dans les départements. Si les sections se laissent longtemps abuser par les hypocrites de patriotisme, Paris, qui a été le berceau de la liberté, en deviendra le tombeau. »
Les pétitionnaires reçurent l’ordre d’exhiber leurs pouvoirs. 11 se trouva que la pétition n’avait que cinq signatures, et qu’elle avait été communiquée à trente sections seulement. Quant au délégué des départements, il appartenait à une société dite fraternelle réunie à une autre qui s’intitulait les défenseurs des départements. Toutes deux siégeaient dans une salle qui leur était prêtée par les Jacobins.
Ce pétitionnaire, dans l’interrogatoire qu’on lui faisait subir, allégua qu’il avait été encouragé par Saint-Just à se présenter comme adjoint à la députation. Saint-Just raconta comment il était allé demander à la députation si son opinion favorable à la liberté du commerce, opinion contraire à la leur, pouvait lui nuire dans l’esprit des patriotes. Rassuré à cet égard , il les avait exhortés à se montrer convenables et calmes.
De toutes parts arrivaient des plaintes ou de tristes informations, soit sur la disette et la cherté des subsistances, soit sur la détresse où la cessation du commerce et du travail jetait les populations. « Lyon en