‹ Histoire de la Convention nationale. T. 2Chapitre 108 sur 137 · FERMENTATION DES ESPRITS · texte numérisé non relu

FERMENTATION DES ESPRITS

fautes, il ne faut pas être très-rigoureux pour d'autres, » disait Lanjuinais. Et comme on avait blâmé le ministre de la justice, Garat, de ne pas avoir fait de poursuites, Lanjuinais ajoutait : « Je connais bien ses torts. — On doit m’entendre. — Cette fois sa conduite ne mérite que des éloges; il a cru que lorsque les liens du gouvernement sont relâchés, la douceur réussirait mieux que la rigueur. 11 faut casser l’arrêté du département du Var et envoyer des secours à Toulon. »

Cette décision fut adoptée; mais les Jacobins persistaient à traduire le procureur général à la barre. Fonfrède expliqua comment l’administration avait cédé aux cris d’une multitude d’ouvriers qui demandaient du pain. Le prédécesseur du procureur général avait essayé l’année précédente de résister à ces exigences populaires, et il avait été pendu dans une émeute.

Marat criait qu’il fallait porter la lumière sur les malversations de Roland, et que l’opposition de ces messieurs prouvait qu’ils allaient dîner encore chez la femme Roland. — Duhem se faisait rappeler à l’ordre pour avoir dit que la Convention se montrait infâme en permettant que l’unité de l’empire fût ainsi dissoute. — Le parti modéré eut cette fois la majorité.

La fermentation ne s'apaisait point dans les départements. Des troubles avaient éclaté à Lyon. L’état de Paris inspirait de jour en jour des alarmes plus graves. Le mécontentement était général. Le désordre croissait dans les esprits et semblait prêt à se manifester par quelque mouvement populaire; chacun était en crainte, tremblant de ce qui allait arriver. Les par-

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