ACCUSATION CONTRK M AU AT
pouvoir public, qui sont chargés de parler au peuple le langage de la loi et de le contenir dans les bornes de ta justice, que ces hommes prêchent le meurtre, qu’ils en fassent l’apologie, c’est un degré de perversité qui ne saurait se concevoir que dans un temps où toute morale serait bannie de la terre. Je ne les accuse pas d’être les auteurs de cet infâme écrit. Ils s’empresseront sans doute de désavouer leur signature; mais s’il est émané d’eux, il doit être puni avec d’autant plus de sévérité, que les excès auxquels il provoquait le peuple sont plus dangereux. Cet écrit a suscité des troubles dans plusieurs départements; à Bordeaux, les émissaires qui le colportaient, auraient été eux-mêmes victimes de leurs projets sanguinaires, sans le respect du peuple pour la loi. »
Boileau succéda à Vergniaud. « Les habitants de nos campagnes, dit-il, ne demandent que la paix : c’est pour l’obtenir qu’ils font tant de sacrifices. Eli bien 1 vous allez voir que Marat demande une insurrection nouvelle. Voilà ce qu’il écrit en caractères de sang dans son journal d’aujourd’hui.
'< Ce qui m'accable , c’est que mes efforts pour le « salut du peuple n’aboutiront à rien sans une nouvelle « insurrection ; à voir la trempe de la plupart des dépua tés, je désespère du salut public; si, dans les huit pre- « mières séances, toutes les bases de la constitution ne h sont pas posées, n’attendez plus rien de cette Assem- «blée. Vous êtes anéantis pour toujours. Cinquante « ans d’anarchie vous attendent et vous n’en sortirez « que par un dictateur, vrai patriote et homme d’État. «O peuple babillard, si tu savais agir! «
Les cris : « A l’Abbaye ! » se faisaient entendre de