LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE EST DÉCRÉTÉ
phrase imprudente et des royalistes aveugles laissaient étourdiment paraître un peu de satisfaction ou d’espérance , en écoutant le mécontentement des classes commerçantes et laborieuses.
Dans la pensée de Danton exprimée assez clairement par son discours, manifestée avec plus de crudité dans les séances des Jacobins et dans le projet de Lindet, le tribunal révolutionnaire devait opérer l’extermination successive et sans formes de justice , de tous ceux qui seraient soupçonnés * de ne point aimer assez la république. C’était le tribunal installé au guichet de l’Abbaye ou de la Force procédant avec plus de lenteur, jour à jour, et employant le fer de l’échafaud au lieu des sabres et des couteaux.
« Il faut anéantir l’aristocratie, disait Albitte aux Jacobins, ou nous attendre à être écrasés par elle. Ils sont cinquante mille et nous sommes vingt-cinq millions. Nous n’aurons ni bonheur, ni tranquillité, si nous ne venons pas à bout de le^exterminer. » C’était aller moins loin que Marat, qui n’avait pas cessé de demander deux cent mille têtes.
Le discours de Danton se terminait par une vive péroraison, où il faisait appel à l’énergie et au patriotisme de l’Assemblée et de la nation pour la défense du territoire et les prompts secours à envoyer aux armées. Il suffisait de toucher cette corde pour obtenir l’approbation et les applaudissements de l’unanimité des représentants; alors devenait impossible toute discussion, tout examen raisonnable des moyens quelconques qui étaient proposés.
La Montagne tenta de mettre à profit cette émotion