‹ Histoire de la Convention nationale. T. 2Chapitre 118 sur 137 · DISCUSSION SUR LU POUVOIR EXÉCUTIF · texte numérisé non relu

DISCUSSION SUR LU POUVOIR EXÉCUTIF

je me réserve encore la faculté de dénoncer les ministres, qui, par malveillance ou par impéritie, trahiraient notre confiance. Mettons-nous bien dans la tête que presque tous, que tous, nous voulons le salut public. » — Des applaudissements éclatèrent dans tous les côtés de la salle, h Que les défiances ne nous arrêtent pas dans notre marche, puisque nous avons un but commun. Quant à moi, je ne calomnierai jamais personne. Je suis sans fiel, non par vertu, mais par tempérament. La haine est étrangère à mon caractère; je n’en ai pas besoin. Ainsi je ne puis pas être suspect, même à ceux qui font profession de me haïr. »

C’était une avance faite aux Girondins , une proposition de paix et d’alliance. Plus avançait cette Révolution, à laquelle il poussait, plus Danton voyait combien il importait d’établir un gouvernement et de constituer un pouvoir. Il savait que le salut de la France était à cette condition. Souvent la pensée lui venait que lui-même serait emporté par le torrent, s’il ne trouvait pas moyen de régler son cours; mais il ne voulait point se charger de cette tâche. Peutr être sentait-il qu’il en était incapable. La popularité est un moyen de succès, mais non pas un moyen de gouvernement; il ne savait pas y renoncer; il ne le pouvait guère. Elle était sa seule base; s’il n’avait point flatté les passions populaires, s’il n’avait point paru en disposer, il n’eût imposé à personne; il n’aurait eu aucune, autorité. Pour réussir, pour entraîner par exaltation les hommes qu’il prétendait dominer, il avait professé des opinions déraisonnables, tenu des discours sans mesure et sans prudence, proposé ce qui était impraticable, promis

Page 1