‹ Histoire de la Convention nationale. T. 2Chapitre 123 sur 137 · DISCUSSION SIR LES FAITS DU 40 MARS · texte numérisé non relu

DISCUSSION SIR LES FAITS DU 40 MARS

quelques injures adressées au talent de Vergniaud, qu’il traita de vain batelage, il essaya de parler avec modération. « 11 y a ici deux partis, dont l’un ne sait pas, l’autre ne veut pas sauver la patrie. » — Les applaudissements des spectateurs luttaient avec les murmures de l’Assemblée. — « D’un côté sont les hommes d’État; je ne fais pas à tous un crime de leur égarement, je n’en veux qu’aux meneurs. Ceux qui ont voté l’appel au peuple, voulaient la guerre ci\ile; ceux qui ont voté la conservation du tyran , a ôtaient la conservation de la tyrannie. L’indignation publique les poursuit. Je ne veux pas jeter une pomme de discorde. Chacun sait que j’ai parcouru les clubs pour y prêcher la modération et la soumission aux lois; je les ai engagés à venir défendre la Convention. » *. '

Il s’adressa ensuite à la Plaine. « Si la sincérité, l’amour du bien public, sont dans vos cœurs , je vous engage à être toujours d’accord avec les patriotes. Voilà le seul vœu que je forme; c’est le seul moyen de sauver la république. Je m’oppose à l’impression d’un discours qui porterait dans les départements le tableau de nos alarmes et de nos divisions. »

L’impression du discours de Vergniaud fut ordonnée. Les Jacobins demandèrent que le discours de Marat fût aussi imprimé. A leur grande indignation l’Assemblée passa à l’ordre du jour. Les Montagnards réclamèrent bruyamment. Guadet occupait le fauteuil comme vice-président; ils l’accusèrent d’avoir inexactement compté les suffrages et le contraignirent à rendre à Gensonné, qui était président en titre, la fonction qu’il lui avait déléguée pour ce jour-là. Guadet était particulièrement odieux aux Ja-

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