‹ Histoire de la Convention nationale. T. 2Chapitre 124 sur 137 · DISCU8SI0H SUR LES FAITS DU 10 MARS · texte numérisé non relu

DISCU8SI0H SUR LES FAITS DU 10 MARS

cobins. Ses opinions intraitables et l’âcreté de son langage les irritaient.

Puis on revint sur l’impression du discours de Vergniaud. Il l’avait entièrement improvisé et les gens de la gauche prétendirent qu’on ne pouvait imprimer ce qui n’était pas écrit. Lui -même y renonça, disant que ce qui importait ce n’était point ce qu’il avait dit, mais ce qu’il avait proposé.

Barère l’appuya, il déplora les discordes qui divisaient l’Assemblée. « Brunswick, dit-il, pourrait payer cher la séance d’aujourd’hui. Vergniaud a dénoncé des faits graves, il a parlé d’un comité révolutionnaire; je ne connais pas d’autre comité révolutionnaire que la Convention nationale. D’un comité d'insurrection! contre qui? Depuis que le peuple est assis sur le trône, il n'y a d’autres insurgés que les brigands et les émissaires des puissances étrangères. Une section s’est déclarée en insurrection permanente. C’est la France entière qui est une armée permanente. Marat a prononcé une phrase ingénieuse, mais qui contient un poison dangereux. « Les uns ne veulent « pas, les autres ne peuvent pas sauver la patrie. »

Les Jacobins prirent la défense des hommes qu’avait signalés Vergniaud. Fonfrède insista, les appelant des agents de l’étranger. 11 invoqua le témoignage de Danton, qui venait de lui dire que le mouvement tenté le 10 mars était contre-révolutionnaire, et que la Convention avait à prendre une grande mesure.

« Oui, je l’ai dit, répondit Danton; cela est vrai. »

L’arrestation des membres du comité d’insurrection fut décrétée à la presque unanimité.

Le ministre de la justice avait été mandé. Il fit un

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