TROUBLES DANS LES DÉPARTEMENTS
modéré, qui aurait pu avoir la majorité. Le premier substitut fut Fouquier-Tinville, encore inconnu. Parmi les jurés se trouvait Jourdheuil, un des signataires de la circulaire du 2 septembre.
Le lendemain, il fut procédé à l’élection des ministres de la guerre et de l’intérieur. Beurnonville obtint une grande majorité. C’était un succès remporté sur le parti des révolutionnaires exagérés.
Garat fut élu ministre de l’intérieur. 11 pouvait être résigné et docile aux mesures excessives ou aux mouvements désordonnés, puis les revêtir de couleurs adoucies ; mais il n’était ni de caractère ni d’opinion à les conseiller. Peu de jours après , il fut remplacé au ministère de la justice par Gohier.
Pendant que la situation des armées était le sujet des plus vives anxiétés, lorsqu’on attendait de jour en jour des nouvelles deDumouriez, les circonstances de l'intérieur devenaient aussi inquiétantes. Le recrutement s’opérait dans les campagnes avec une extrême difficulté. Dans plusieurs départements du centre, des mesures de rigueur avaient été nécessaires pour vaincre une désobéissance séditieuse. La Vendée et la Bretagne se soulevaient, sans que la grandeur, la durée, la cruauté de cette guerre civile fût prévue ni par les paysans qui la commençaient, ni par les gentilshommes qui y étaient entraînés, ni par le gouvernement de la Convention qui n’en comprenait point la gravité.
Près de Paris, le représentant Léonard Bourdon , envoyé à Orléans, provoqua lui-même un grave désordre. Après un dîner que lui donnaient ses amis, car il était député de cette ville, chaud de vin et