‹ Histoire de la Convention nationale. T. 2Chapitre 129 sur 137 · CRÉATION DU COMITÉ DE SALUT PUBLIC · texte numérisé non relu

CRÉATION DU COMITÉ DE SALUT PUBLIC

Cette proposition fut décrétée; la Convention arrivait progressivement au pouvoir dictatorial. L'autorité exécutive n'ayant aucune participation à la souveraineté législative, ne pouvait être qu’un instrument subordonné; il devenait donc nécessaire, pour donner de l’unité à l’action du gouvernement, qu’elle fût exercée directement par le pouvoir souverain. A ce premier moment, il s’agissait seulement d’une surveillance complète et de chaque jour, qu’un comité de salut public établirait sur le conseil des ministres, lsnard paraissait croire que les débats intérieurs de ce comité seraient une garantie contre le despotisme, et que la justice , la liberté et la raison pourraient y faire entendre leur voix.

Il fut d’abord formé de vingt-cinq membres; ses séanees étaient publiques pour tous les représentants ; de sorte que ce fut bientôt, non pas un conseil, mais une assemblée. Marat y venait dire des folies et faire du bruit. Les délibérations, qui auraient exigé du secret, étaient, dès le lendemain, connues partout.

Danton n’avait passé que peu de jours auprès de Dumouriez. Ainsi que les autres commissaires de la Convention, il n’apporta aucune accusation contre le général. Ses mesures furent approuvées; on voulut chercher, de concert avec lui, les moyens de rétablir l’ordre dans l’armée. Miranda, à qui il attribuait de graves fautes dans la bataille de Nerwinde, fut soumis à une enquête.

Cependant la situation militaire restait la même; les armées ennemies ne rétrogradaient point : la Belgique était de jour en jour plus menacée; il semblait probable que bientôt elle serait évacuée par les troupes françaises.

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