PRÉLIMINAIRES AU PROCÈS DU ROI
délivrance glorieuse du territoire, ces succès des armes françaises semblaient favoriser l’établissement d’un gouvernement nouveau, la répression de l’anarchie, l’apaisement des partis; et pourtant le bon ordre ne venait pas rendre à la France l’espoir d’un avenir. L’intérêt public n’était pour rien dans cette guerre civile entre les deux factions révolutionnaires; à peine servait-il de prétexte à leurs querelles. L’envie, la rancune, la soif de la domination sc montraient sans déguisement. Pour les uns comme pour les autres, l’amour de la patrie n’était que l’amour de la Révolution ; ils avaient des passions plutôt que des opinions.
Rien ne semblait plus pressant que de donner une constitution, et une commission n’était pas encore choisie pour en rédiger le projet; la formation de la garde départementale avait paru urgente, et l’Assemblée retardait une discussion qui devait être orageuse.
Pendant ce temps-là, les Jacobins s’animaient de plus en plus contre la Gironde. Leurs séances retentissaient des diatribes les plus injurieuses contre ce parti d’intrigants et d’ambitieux qui entravait la marche de la Révolution et qui distribuait les emplois à ses créatures; ce dernier grief était surtout allégué.
Un texte, qui revenait plus habituellement encore non-seulement aux Jacobins , mais à la Convention , c’était le procès du roi ou , pour parler plus exactement, son supplice; car les adresses envoyées à l’Assemblée et les discours prononcés à la tribune des clubs ne faisaient mention ni de justice, ni de formalités judiciaires. La Convention paraissait recu-