PRÉLIMINAIRES AU PROCÈS DU ROI
soient levés et que le comité de surveillance soit chargé d’analyser les pièces. »
Chabot et Merlin de Thionville ajoutèrent que ce comité avait agi d’après leurs conseils, et que les pièces serviraient au procès de plus d’un scélérat. « Il est temps enfin que la Convention montre qu’un roi détrôné n’est pas même un citoyen , qu’il faut que sa tête tombe sous le glaive national , et que tous ceux qui ont conspiré avec lui le suivent sur l’échafaud. Les preuves de ses trahisons et de celles de ses agents existent au comité de surveillance. Que l’infâme qui voulait verser le sang humain à grands flots soit jugé par vous; la Convention doit être pour lui jury d’accusation et jury de jugement. » Ainsi parlait Merlin. La Convention ordonna que les pièces recueillies par le comité seraient remises entre les mains d’une commission composée de vingt-quatre de ses membres , parmi lesquels ne se trouverait aucun député de Paris, non plus qu’aucun député ayant siégé dans les Assemblées constituante ou législative.
Un acte d’autorité plus manifeste succéda à cette première atteinte portée aux pouvoirs usurpés de la commune. Au nom du comité de sûreté générale, Delaunay d’Angers entretint la Convention des arrestations ordonnées par l’autorité municipale , qui s’étaient multipliées d’une manière alarmante pour la liberté publique et individuelle. De nombreux pétitionnaires réclamaient contre ces procédés arbitraires. Le rapporteur ne les qualifia pas autrement. Il conservait de grands ménagements pour cette commune du 10 août, qui avait rendu des services signalés à la Révolution. Elle avait pris des mesures illégales, mais