V2 FAVEUR DE MARAT A L'X JACOBINS
discussion. Les Girondins s’écriaient que Marat voulait appeler sur eux les colères du peuple, et lui rappelèrent encore qu’il s’était proposé de les envelopper dans les massacres de septembre. Malgré les témoignages de mépris et d’horreur qui lui furent prodigués, il maintint scs inculpations.
La juste colère de la Gironde contre Marat, ses invectives contre cet ennemi acharné changeaient peu à peu sa situation. Jusqu’alors, il avait été regardé comme un vil personnage; qui que ce soit ne consentait à l’avouer ; il était en dehors des partis politiques. Maintenant, il était attaqué pour des faits où il avait beaucoup de complices, pour des opinions qui commençaient à se répandre, pour un langage dont la grossièreté et la violence avaient fait école; il devenait le drapeau des révolutionnaires extrêmes. La société des Jacobins allait bientôt le prendre sous sa protection-
Voici comment, à leur tribune, en parlait Chabot '; « La faction des intrigants crie au parti désorganisateur., aux têtes volcanisées. J’ai aussi , moi , le cœur volcanisé et exalté; mais je défie Brissot et sa séquelle de nous reconnaître d’autre esprit désorganisateur que celui qui veut désorganiser l’intrigue. Il n’y a qu’un parti, celui des intrigants; le reste, c’est le parti du peuple, ce sont les représentants de la nation, c’est la Convention elle-même. Quant au parti qu’on appelle maratiste, je ne le connais pas et ne puis le comprendre. Marat est un porc-épic qu’on ne peut pas seulement toucher du bout du doigt; il n’est donné à personne de le comprendre jusqu’à présent; il s’attache à dévoiler l’intrigue; il a, si je puis m’exprimer ainsi,