CARDE DÉPARTEMENTALE
premier moment, lorsque la Convention ne s’était pas encore divisée; maintenant c’était une affaire de parti.
Un rapport de Buzot avait contribué à lui donner cet aspect. 11 appelait les départements à défendre leurs députés contre les insurrections; s’adressant dans son langage déclamatoire à Paris, « cette ville superbe et fortunée, » il lui demandait comment elle pourrait redouter ses frères d’armes, ses concitoyens, se réunissant à elle pour défendre les intérêts communs. « Qui les redoute, si ce n’est les factieux qui sentent que leur règne est passé, ces hommes qui naissent dans les bouleversements politiques, comme les reptiles> sortent de terre, au milieu des orages; ces hommes qui ont besoin de l’anarchie pour dominer, du crime pour jouir; ces hommes que l’humanité surveille et que la loi doit enfin écraser? Eh quoi ! serait-ce pour leur triomphe que vous auriez été immolées, victimes généreuses du 10 août? »
Cette garde devait être composée de citoyens choisis par le conseil général de chaque département, et dont le civisme serait certifié par leur municipalité. Leur nombre serait déterminé d’après le nombre des représentants du département. Pour chacun, il devait être envoyé quatre hommes d’infanterie et deux hommes de cavalerie. Le commandant serait nommé par la Convention.
Cette force ne pouvait être que défensive et n’aurait dû causer aucune alarme. Mais les Girondins déclaraient qu'ils voulaient se défendre contre l’émeute et non plus s'incliner devant elle. La chute du gouvernement constitutionnel , qu’eux - mêmes avaient désarmé avec tant de soin, leur servait de leçon. Ils avaient compris, maintenant qu’il y allait