LA SOCIÉTÉ DES JACOBINS
sans conditions était peu raisonnable, mais elle n’osait pas se mettre en opposition directe avec Danton et ses amis. Elle vota le principe et renvoya le mode d’exécution à une commission. Cette façon de procéder annonçait une assemblée timide et incertaine.
Les partis se mettaient ainsi en évidente hostilité. En même temps les circonstances étaient graves et urgentes. La Convention ne pouvait employer les séances à examiner des doctrines et des principes. D’ailleurs en de tels moments, il ne peut y avoir de libres et véritables discussions. Depuis le 10 août l’opinion des vainqueurs faisait loi.
Les projets des révolutionnaires passionnés étaient plus explicitement présentés à la tribune des Jacobins. Cette société avait été toute-puissante pendant l’Assemblée législative. C’était là que les orateurs avaient préparé l’opinion pour le 10 août; c’était là que les conspirateurs en avaient décidé l’exécution. Après avoir accompli cette révolution, la société jacobine se trouva inutile et oisive. Ses membres les plus actifs et les plus importants siégeaient à la commune et y exerçaient un terrible pouvoir. Le conseil général était une assemblée et délibérait en public. Danton régnait dans le pouvoir exécutif. La législature •obéissait docilement. Ainsi aucun intérêt n’animait les séances des Jacobins. Ils ne furent même pour rien, du moins par voie délibérative, dans les massacres de septembre.
Dès les premiers jours de la Convention, ils s’aperçurent de leur décadence et témoignèrent quelque étonnement de se voir négligés et abandonnés par la plupart des représentants du peuple. Les Girondins ne