LE ROI CONDUIT A LA CONVENTION
nationale. Le roi, après l’avoir écouté, répondit gravement : « Capet n’est point mon nom : c’est le surnom d’un de mes ancêtres. J’aurais désiré, monsieur, que les commissaires m’eussent laissé mon (ils pendant les deux heures que j’ai passées à vous attendre. Au reste, ce traitement est une suite de ceux que j’éprouve ici depuis quatre mois. Je vais vous suivre , non pour obéir à la Convention, mais parce que mes ennemis ont la force en main. »
La traversée de Paris fut longue; la population resta calme et comme stupéfaite; elle ne témoigna par ses cris, ni par nulle manifestation, ni 'inimitié, ni bienveillance ; elle paraissait avoir quelque effroi de l’escorte formidable qui entourait la voiture, et de tant de précautions prises pour maintenir l’ordre public.
La Convention avait repris une discussion sur la loi contre les émigrés ; Manuel avait dit : « Comme la Convention n’est pas condamnée à s’occuper uniquement d’un roi, il est à propos que nous nous occupions d’un objet important, dussions -nous faire attendre Louis à son arrivée. » Malgré cette fière exhortation, l’Assemblée restait distraite et le rapporteur n’était pas écouté. Lorsque Barère, qui présidait, eût dit ; « J’avertis l’Assemblée que Louis est à la porte des Feuillants; » un profond silence s’établit.
Barère crut devoir adresser à la Convention et aux tribunes quelques recommandations. Longtemps après il a écrit ses mémoires, et il y rapporte un tout autre discours que le texte conservé au Moniteur.
« Représentants, vous allez exercer le droit de justice nationale. Vous répondez à tous les citoyens de la