LA SOCIÉTÉ DES JACOBINS
s’y seraient pas sentis sur leur terrain et avaient cessé d’y venir; ils croyaient avoir mieux à faire en augmentant leur renommée et leur influence à la tribune de l’Assemblée nationale. A ce moment, les hommes principaux des Jacobins étaient Chabot, Billaud-Varennes, Tallien, Collot d’üerbois. Bientôt ils recrutèrent, pour la société, un grand nombre des nouveaux représentants, qui connaissaient mal ces hommes de sang. La plupart avaient été élus par l’influence des sociétés affiliées aux Jacobins, et venaient naturellement prendre place dans la société mère. Robespierre tarda peu à y reprendre son rôle, et vint y chercher une popularité, qui devait lui servir à dominer la Convention.
Les idées politiques des révolutionnaires exaltés étaient donc exposées aux Jacobins sans réserve et sans contradiction; ils voulaient tout détruire, et s’offensaient pourtant d’être appelés désorganisateurs.
La suppression des tribunaux , remplacés par une justice arbitrale , était en première ligne dans leurs projets. Puis il fallait nationaliser l’armée, et pour cela supprimer les régiments, dont les colonels étaient la crème de l’aristocratie; diviser l’armée par bataillons, et faire élire les officiers par Ips soldats.
L’entretien du culte et de ses ministres, laissé à la charge des fidèles de chaque religion, était encore un point essentiel. L’État ne devait connaître d’autre religion que la loi. Pour l’établir, il fallait que tous les dimanches, après les cérémonies du culte, lecture fût faite au peuple des opérations de la législature ; alors s’ouvrirait la discussion ; le peuple.voterait par oui ou par non. Et, certes, pas un individu ne serait