‹ Histoire de la Convention nationale. T. 2Chapitre 40 sur 137 · IG · texte numérisé non relu

IG

ûnitivement. » Les tribunes applaudissaient, mais beaucoup de murmures s'élevaient dans l’Assemblée.

Il fut décrété que les commissaires se transporteraient de nouveau au Temple, communiqueraient à Louis les lettres des personnes qui s’offraient pour le défendre, puis s’assureraient du choix qu’il aurait fait et de l’acceptation de ceux qu’il aurait désignés. Il fut décidé aussi que la copie des pièces lui serait remise.

« On veut donc prolonger cette affaire pendant un mois? criait-on sur la Montagne.

— Les rois n’ajournent pas leurs vengeances contre les peuples, disait Legendre, et vous ajournez Injustice du peuple contre un roi !

— Brisons donc le buste de Brutus, s’écria Billaud, car il n’a point balancé, comme nous, à venger le peuple d’nn tyran.

— Un juge ne doit montrer ni passion, ni fureur, » répondaient les députés de la Plaine.

Le lendemain, les commissaires rapportèrent que Louis avait répondu : « Je suis sensible aux offres des personnes qui s’offrent pour me servir de conseil. J’accepte M. de Malesherbes. Si M. Tronchet ne peut me prêter ses services, je me concerterai avec M. de Malesherbes pour en choisir un autre. »

La Convention décréta que M. de Malesherbes communiquerait librement avec Louis Capet: c’était annuler implicitement l’arrêté de la commune. Les mesures qu’elle avait prises excitaient tellement l’indignation publique qu’un journal avait osé dire que cet arrêté n’était recevable que pour la police des prisons du dey d’Alger.

De moment en moment, les Jacobins voyaient que

Page 1