‹ Histoire de la Convention nationale. T. 2Chapitre 42 sur 137 · IMPATIENCE DU PARTI JACOBIN · texte numérisé non relu

IMPATIENCE DU PARTI JACOBIN

veut sauver le roi, et je m’étonne toujours que ceux qui se montrent si tendres pour un oppresseur accusé, ne témoignent pas autant de sensibilité pour le peuple qu’on opprime. Je demande qu’on n’entrave point la marche de la commune par rapport à ce criminel dont vous devez à la nation justice entière. » *

Toutes les paroles de Robespierre avaient été entrecoupées , soit de marques d’indignation* dans l’Assemblée, soit de clameurs approbatives dans les tribunes.

«Je demande, au nom de la patrie, au nom de l’humanité, au nom de la morale publique, qu’il soit pris des mesures pour que chaque fois où quelqu’un préjuge le sort de l’accusé, nous n’entendions pas ces vociférations de cannibale. » Ainsi parla de sa place un représentant. Le président rappela les spectateurs au silence, et leur dit que l’Assemblée ne pouvait endurer leur indécente conduite.

Valazé parla en termes énergiques de l’acte de la commune et en demanda formellement la cassation.

Cambacérès trouva un moyen de résoudre la question sans la mettre aux voix. « L’Assemblée a déjà, dit-il, ordonné que les conseils de l’accusé communiqueraient librement avec lui. >» Par ce motif, la Convention passa à l’ordre du jour.

La copie des pièces était terminée, mais les défenseurs du roi demandaient à avoir communication des originaux, afin de reconnaître l’authenticité des écritures.

Ce fut encore le sujet d’une longue discussion.

168 impatience du parti jacobin.

Quelle que fût l’impatience des Jacobins, plusieurs d’entre eux consentaient sans objection aux formalités prescrites par la loi commune. Les plus zélés, tels que Chabot , Albilte , Charlier , voulaient la question préalable. « Toutes les preuves sont dans la journée du 10 août, » disait Camille, un des moteurs de l’insurrection. « Si on n’avait pas trouvé de pièces, ajoutait Legendre, Louis XVI n’aurait donc pas été* jugé? »

Malgré les Jacobins extrêmes, la communication des pièces originales fut décidée.

On avait parlé des preuves testimoniales, indispensables à toute procédure, Lepellelier fit décréter qu’aucun témoin ne serait appelé. La vérification des écritures par experts fut aussi rejetée.

La Montagne était si ardente à presser le jugement, qu’elle ne voulait point que l’on communiquât à l’accusé les pièces découvertes depuis le commencement du procès. « On trouvera des pièces pendant six mois, » criait Albitte.

Le débat devint plus vif encore sur la proposition d’admettre Louis Capet à la barre le 21 décembre, pour être jugé sans désemparer. « Si l’accusé, disait un député modéré, demandait un délai dérisoire, vous fixeriez un terme, mais avant ce temps c’est une injustice, c’est une barbarie. Ce ne serait pas

alors juger Louis XVI, ce serait ce que je n’ose

pas dire; si des passions particulières, si d’obscurs intérêts ne fermaient pas le cœur de quelques membres de cette Assemblée à la voix de la justice et de la raison. » L’orateur continua en répondant aux murmures de la Montagne : « Oui, ceux qui l’humilienl et le supplicient d’avance, en vertu des arrêtés

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