‹ Histoire de la Convention nationale. T. 2Chapitre 49 sur 137 · LE RO! 80CCÜPE DE SA DÉFENSE · texte numérisé non relu

LE RO! 80CCÜPE DE SA DÉFENSE

au roi devant ses deux collègues. La péroraison était fort pathétique ; elle toucha jusqu’aux larmes M. de Malesherbes et M. Tronchet. « Je ue veux pas les attendrir, dit le roi; il faut la supprimer.

« J’ai une grande peine, dit-il à M. de Malesherbes, lorsqu’ils furent seuls ; Desèze et Tronchet ne me doivent rien; ils me donnent leur temps, leur travail, peut-être leur vie. Comment reconnaître un tel service. Je n’ai plus rien, et quand je leur ferais un legs, on ne l’acquitterait pas. — Sire, leur conscience et la postérité se chargent de leur récompense. Vous pouvez leur en accorder une qui leur sera précieuse. — Laquelle? — Embrassez-les. » Le lendemain, il les pressa contre son cœur; tous deux fondirent en larmes.

Ce fut alors qu’il s’occupa de son testament, où pas un mot ne témoigna la moindre espérance. Il le termina et le data le 25 décembre, la veille du jour où il devait comparaître à la Conv ention.

Dans les jours précédents, il se montra plus calme encore qu’auparavant, sans autre regret que d’être séparé de sa famille. Il refusait de se promener. « Je ne peux me résoudre à sortir seul, disait-il; la promenade ne me plaît qu’autant que j’en jouissais avec ma famille. » Il ne laissait échapper ni plainte, ni murmure. Aucune des vexations qui lui étaient prodiguées ne lui causait d’impatience; il avait déjà tout pardonné. Les paroles qu’il échangeait avec les municipaux n’étaient mêlées ni de reproches, ni de réclamations. 11 conversait avec eux, en leur témoignant la bonté familière d’un roi accessible à ses sujets, leur parlant de ce qui pouvait les intéresser, de leur situation, de leur fortune, de leur famille.

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