‹ Histoire de la Convention nationale. T. 2Chapitre 58 sur 137 · AGITATION DES ESPRITS · texte numérisé non relu

AGITATION DES ESPRITS

d’hommes, qui, décidés au fond, attendent qu’on leur indique quelqifts arguments plausibles qui puissent • motiver leur opinion. Barère leur rendit ce service.

L’ Assemblée était lasse de cette interminable série de discours; elle décida que dorénavant ils seraient imprimés et distribués. La délibération fut fixée au 14 janvier.

Kersaint, Guadet et J. de Bry firent imprimer leur opinion. La première était une courageuse défense du roi.

L’intervalle du 7 au 14 janvier fut un moment de grande agitation ; l’ordre public semblait gravement menacé; une seule pensée préoccupait tous les esprits; les opinions avaient repris une sorte de liberté; si la justice, l'humanité et la raison n’inspiraient à personne le courage d’agir, elles avaient du moins réveillé le courage de parler. La faction révolutionnaire redoublait en même temps de colère et d’audace. Les manifestations d’intérêt pour le sort du roi offensaient leur tyrannique orgueil et irritaient leur intolérance.

Deux pièces de théâtre, qui furent jouées a cette époque, donnèrent au sentiment public l’occasion de se montrer. Au Vaudeville, on applaudissait avec transport un passgge de « la Chaste Suzanne : » —

« Comment pouvez-vous être à la fois accusateurs et juges? » — A la Comédie Française, une comédie de M. Laya attirait la foule, qui saisissait mainte allusion. Deux sections de Paris demandèrent à la municipalité d’en interdire la représentation. Le parterre réclama la pièce et ne voulut pas laisser commencer la tragédie de « Brutus, » qu’on avait substituée -à « l’Ami des Lois.» Santerre fut insulté; la voix du maire ne fut

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