ÉNONCIATION CONTRE LES GIRONDINS
Les sections et les fédérés apportaient chaque jour à la Convention des adresses menaçantes contre l’appel au peuple et les lenteurs du procès. La tribune des Jacobins retentissait de clameurs injurieuses contre les députés appelants et voulait que la vengeance nationale s’appesantît sur eux comme sur Louis XVI.
Les séances de la Convention devaient nécessairement participer au désordre. La Montagne s’était aperçue qu elle nuisait par sa turbulence au succès de ses vœux et rendait douteuse la condamnation du roi ; les séances consacrées au procès avaient pris du calme et de la gravité. Mais dans les autres discussions, la dignité de l’Assemblée n’était point conservée.
Un député provençal, Gasparin, savait, depuis longtemps, que le peintre Boze avait servi d’intermédiaire â des communications entre les Girondins et Thierry de Ville-d’Avray. Une note, signée de Vergniaud, Guadet et Gensonné, avait été remise ou montrée au roi. Gasparin crut qu’au moment où les Jacobins faisaient une guerre si vive à la Gironde, il était à propos de raconter ce qui était à sa connaissance. 11 déposa sur le bureau cette dénonciation.
Ducos demanda que Boze fût mandé; que le scellé fût mis sur ses papiers. « Je veux savoir, dit-il, si des amis qui ont depuis quatre ans mon estime et mon respect ont usurpé, ma confiance. »
Lanjuinais proposa dérisoirement que Gasparin fût mis en arrestation pour avoir, pendant cinq mois, trahi la patrie par son silence.
Marat s’emporta contre l’accueil que recevaient sans cesse les représentants qui réclamaient les droits