DÉNONCIATION CONTRE LES GIRONDINS
Les murmures devinrent tumultueux. « Monsieur le président, demanda l’orateur, faites donc taire cette horde de cannibales. »
L’ordre donné à cet employé était signé de Chabot, de Tallion et de deux autres Montagnards. Ce fut maintenant aux agresseurs à se défendre. Le désordre qui régnait dans ce comité, l’absence de registres, les délibérations supposées, les arrestations et les détentions arbitraires, les soustractions de pièces * furent révélées à l’Assemblée. 11 y avait eu des mandats d’arrêt revêtus de la seule signature : « Marat, l’ami du peuple. »
Toutefois l’accusation première était maintenue.
On demandait aux signataires de la note pourquoi ils s’étaient faits médiateurs entre le peuple et le roi; comment ils avaient pu songer à une transaction au moment où la déchéance était en délibération.
Vergniaud déclara avec une éloquente chaleur, qu’il n’y avait pas eu trahison à faire savoir la vérité au roi , et que les Girondins n'en avaient pas moins proposé et poursuivi la déchéance. 11 lui était facile de démontrer qu’il n’y avait pas eu trahison : il aurait moins bien établi qu’il y avait eu loyauté; mais ce n’était pas de cela qu’il s’agissait.
Guadet envenima cette controverse scandaleuse :
« Les hommes qui me persécutent ont un grand avan- * tage; ils savent que je ne retracerai pas, à vos yeux, l’histoire des forfaits trop connus dont ils sont chargés. Ce sont des circonstances trop dégoûtantes pour qu’on puisse les retracer. »
Sergent, Panis, Marat demandaient à grands cris le rappel à l’ordre. « C’est une horde d’intrigants. —
Ils n’ont jamais voulu que faire des ministres. — .On h. 16