SITUATION DE PARIS
fera connaître leurs crimes. » Telles étaient les apostrophes qui partaient des bancs de la Montagne.
L’Assemblée passa à l’ordre du jour et admit Boze aux honneurs de la séance.
L«s inquiétudes sur la tranquillité de Paris croissaient de jour en jour. Le maire fut mandé afin de rendre compte de l’état de la ville et de la force . publique. — Chambon exposa qu’en effet la fermentation était vive; le procès de Louis Capet en était la principale cause. « On dit hautement qu’il doit périr; cependant un grand nombre de citoyens déclarent qu’ils se soumettront à la loi, quand elle aura été prononcée. 11 n’est pas facile de dire quelle sera l’issue de cette agitation. »
Une autre cause de désordre, dont la législature avait eu souvent à s’occuper depuis un an , c’était la circulation de certains billets d'une banque de secours qui devaient être échangeables à vue contre de la monnaie de cuivre ou des assignats. Cet établissement n’avait point tardé à manquer à ses engagements. Son papier était très-répandu parmi les classes pauvres. Plus d’une fois, il avait fallu venir à son aide sur les fonds du trésor public; l’autorité municipale avait obtenu ces secours en menaçant le gouverne- , ment de troubles et d’émeutes.
L’inquiétude sur les subsistances était aussi une circonstance alarmante; les ouvriers sans travail, la ruine du commerce donnaient lieu à un mécontentement, qui pouvait prendre un caractère séditieux. Les gardes nationaux armés de piques réclamaient avec exigence des fusils. La distribution des secours promis aux familles des défenseurs de la patrie ne