‹ Histoire de la Convention nationale. T. 2Chapitre 64 sur 137 · ABUS DE POUVOIR DES ADMINISTRATIONS · texte numérisé non relu

ABUS DE POUVOIR DES ADMINISTRATIONS

se faisait point avec régularité ; le peuple supposait que beaucoup d’émigrés étaient furtivement rentrés à Paris , s’y cachaient et conspiraient contre la république; on se plaignait qu’il n’en fût point fait justice. — La garde nationale comptait en ce moment cent dix mille hommes. La gendarmerie et le corps des vainqueurs de la Bastille deux mille cinq cents. Les fédérés étaient en nombre à peu près double. Enfin la cavalerie de ligne était de deux mille six cents.

Dans ce rapport, le maire insistait beaucoup sur l’esprit de mécontentement qui, outre les motifs dont il avait rendu compte, préoccupait toute la population. Elle se trouvait épuisée par de continuels sacrifices; négligée par la Convention , n’y comptant aucun défenseur de ses intérêts , elle exigeait souvent des précautions de police, dont elle murmurait quand elles étaient prises. «Les riches, dit-on, restent insouciants et inertes, ne songeant qu’à leur propre conservation, s’éloignant des fonctions civiles ou militaires et laissant retomber le service de la patrie sur les classes laborieuses et pauvres. Les prêtres sont soupçonnés de travailler sourdement contre la Révolution. En même temps les ecclésiastiques qui montrent un ardent patriotisme, qui profèrent publiquement des serments contraires à leur conscience, qui recherchent des places lucratives, inspirent le mépris et une méfiance plus grande que les prêtres réfractaires et non sermentés. »

Cet exposé était triste et pouvait paraître sévère pour le peuple de Paris. Chabot prit la défense de fette ville, qui avait fait la Révolution et qui, malgré tant de sacrifices qu’elle supportait pour cette cause.

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