CRAINTES POUR LA PAIX PUBLIQUE
parc d’artillerie avait été réuni à Saint-Denis; les sections de Paris s’en étaient alarmées. Des députations avaient représenté an ministre de la guerre que ces canons pouvaient être tournés contre la ville. Selon son usage , Pache avait complaisamment écouté ces réclamations populaires, qui n’émanaient pas même de la municipalité. 11 avait offert de faire venir à Paris l’approvisionnement des poudres, de sorte que les canons ne pouvaient être d'aucun usage. Les sections avaient exigé que le parc fût entièrement amené dans la ville ; Pache y avait consenti.
La lettre du ministre de l’intérieur était plus triste encore. Le comité de sûreté générale ayant appris que beaucoup de personnes effrayées s’enfuyaient de Paris, avait consulté le ministre pour savoir s’il ne serait pas à propos de fermer les barrières. Il répondait ainsi : « Assurément beaucoup de personnes, indépendantes par leur état ou leur fortune, abandonnent une ville où l’on ne parle chaque jour que de renouveler des proscriptions dont le souvenir fait horreur, et dont l’attente est affreuse. Assurément, depuis bien des jours, vous avez reçu, comme moi, de nombreux avis sur la fermentation qui règne, sur les projets de massacre et la prédication du meurtre. Assurément la marche irrégulière de quelques autorités, les arrêtés incendiaires de plusieurs sections, les canons de Saint-Denis qu’on répartit entre elles, toutes ces choses doivent effrayer les individus paisibles; ils n’ont pas oublié la stupeur où furent jetés les millions d’hommes qui ont laissé une poignée de brigands dévaster les prisons et déshonorer la France. Qu’y a-t-il donc d’éton-