CRAINTES POUR LA PAIX PUBLIQUE
nant qu’on fuie? N’est-ce pas le comble de l’audace ou de l’aveuglement que de dénoncer cette fuite comme contraire à l’ordre public et de proposer de fermer les barrières? Je ne vois de projets sinistres que dans ceux qui proposent cette mesure atroce. Veulent-ils donc retenir et choisir leurs victimes? Ah! laissez faire ceux qui ont peur; mettez-vous entre les assassins et les victimes, dont le sang rejaillira sur vous -mêmes qui avez la puissance, si vous n’empêchez pas de les immoler. Je sais que la commune et Santerre assurent que Paris est tranquille. Je sais qu’ils l’assuraient ainsi au 2 septembre; je sais que je fis alors de vaines réquisitions. Je n’ai pas plus de pouvoir qu’alors. La même faction existe; les mêmes malheurs nous menacent. C'est à la Convention à faire davantage pour le salut public : c’est vous, qui seriez déshonorés, si vous ne l’assuriez pas. »
La lettre de Roland suscita toutes les colères de la Montagne. Avant qu’une discussion put commencer, il fallut imposer silence aux apostrophes et aux interpellations injurieuses. Garnier (de Saintes) fut rappelé à l’ordre, censuré, condamné aux arrêts. A ceux qui niaient les faits rapportés par le ministre, on répondait que les abords de la salle étaient occupés par des misérables qui s’emportaient en menaces contre les députés. Charles de Villette, député de l’Oise, venait de s’entendre dire que, s’il ne votait pas la mort, il serait massacré.
Legendre traitait de peurs fantastiques les alarmes de ses collègues. Marat disait : « J'invite la Convention à se respecter, et à n’être pas la dupe d’une farce que l’on joue depuis trois heures. Ceux qui affec-