DISCUSSION SLR LE 2 SEPTEMBRE
émigrés. Le peuple en a fait justice sur-le-champ; son corps a été jeté dans un bras de la Marne, sa tête dans un autre. »
Le ministre de l’intérieur donna le lendemain d’autres détails. Le désordre avait été si grand, que les autorités avaient été menacées, et que le procureur général du département était en fuite.
<c 11 est temps d’élever des échafauds pour les assassins, s’écria Kersaint; il est temps d’en élever pour ceux qui provoquent à l’assassinat. Sans doute vos cœurs ont frémi d’indignation à l’idée de ces scènes d’horreur dont on veut déshonorer le nom français : c’est le dernier complot de nos ennemis. H y a peutêtre quelque courage à s’élever, ici, contre les assassins. » Il proposa de charger quatre commissaires d'examiner la situation du royaume et celle de la capitale, afin de proposer les mesures nécessaires pour assurer la tranquillité publique. Tallien demanda la question préalable : « Cette motion est inutile et inconvenante. Les lois existent, c’est aux tribunaux à en faire l’application.... Pourquoi s’élever avec tant de force contre ce qu’on appelle des brigandages et des assassinats? Oublie-t-on que nous sommes en guerre? que trente mille émigrés sont sur la frontière et que des Français de l’intérieur les avertissent de toutes nos mesures? Et l’on veut que nous ne soyons pas en méfiance? »
Vergniaud répliqua : « Ajourner cette proposition , c’est proclamer qu’il est permis d’assassiner. » Puis, par une précaution oratoire vaine et timide , il attribuait ces crimes aux complots des émissaires prussiens.
Fabre d’Églantine, Sergent, Collot d’Herbois, tous