DISCUSSION SUR LE 2 SEPTEMBRE
les trois hommes du 2 septembre, parlèrent comme Tallien.
Lanjuinais commença ce jour-là le rôle de courage et de fermeté qui devait honorer son nom. « Il y a des lois contre les assassins, dit-il, il en fauteontre ceux qui provoquent à l’assassinat. Effrayez les perturbateurs. Qui de vous ignore que les citoyens de Paris sont dans la stupeur de l’effroi? j’ai frémi en rentrant à Paris. »
Buzot, un des rares démocrates qui, à l’Assemblée constituante, avaient marché avec Pétion, Grégoire et Robespierre, appuya énergiquement Kersaint. 11 alla plus, loin et donna à la discussion un caractère agressif contre les hommes qui avaient voulu envelopper les Girondins dans les proscriptions sanglantes de la commune de Paris. « Étranger aux révolutions de la capitale, je suis arrivé ici avec la confiance que j’y conserverais mon indépendance. 11 est bon que je sache ce que je dois attendre ou craindre.... 11 faut que la vérité se fasse entendre; il faut que nous connaissions au vrai la situation de Paris — Je dis qu’il faut une loi contre ces hommes infâmes , qui assassinent parce qu’ils sont trop lâches pour
attaquer Je demande aussi qu’une force publique,
à laquelle participent tous les départements, entoure la Convention, de sorte que non-seulement nous n’ayons rien à craindre, mais que nos départements soient bien assurés que nous n’avons rien à craindre. Croit- on nous rendre esclaves de certains députés de Paris?... je dis ce mot : il n’est pas trop fort. Qu’on ne vienne pas nous représenter comme les ennemis du peuple, lorsque nous voulons établir un gouvernement qui lui assure la tranquillité et lui donne du pain — »