ADIEUX DU ROI A SA FAMILLE
la seule affaire importante. Mais ma famille va descendre ; vous resterez dans ce cabinet. Ne vous montrez pas ; votre vue ferait trop de mal à ma famille ; en attendant, je vais vous lire un écrit que je voulais vous communiquer. » — C’était le testament ; il le lut d’une voix ferme, qui s’attendrissait pourtant lorsqu’il prononçait les noms qui lui étaient chers.
Puis il s’informa de la situation actuelle de l’Église de France. 11 la savait cruellement persécutée, mais il ignorait les détails. M. Edgeworth lui donna des nouvelles des évêques et des ecclésiastiques auxquels il portait un intérêt particulier, et surtout de l’archevêque de Paris.
On vint avertir que la reine et sa famille descendaient. Le roi s%hâta de passer dans la salle à manger. Son calme était si complet, que voyant qu’on avait mis sur la table une carafe d’eau glacée , il dit : « la reine n’en boit pas; cela lui ferait du mal, donnez une autre carafe. »
Vers huit heures, la porte s’ouvrit; la reine tenait son fils par la main ; Madame royale et M"* Élisabeth La suivaient; tous se précipitèrent dans les bras du roi. Pendant quelques minutes, le silence ne fut interrompu que par des sanglots. Le roi s’assit; la reine à sa gauche, M”"’ Élisabeth à sa droite, Madame royale devant lui. Le jeune prince était entre les genoux du roi. A tout instant, chacun se levait pour l’embrasser.
Celte triste conversation était sans cesse suspendue par des crises de larmes. Un tel récit ne peut avoir un autre historien que l’unique témoin qui a survécu pour une longue suite de malheurs. «Nous trouvâmes