‹ Histoire de la Convention nationale. T. 2Chapitre 77 sur 137 · SUPPLICE DU ROI · texte numérisé non relu

SUPPLICE DU ROI

cavaliers chargèrent sur eux; ils se sauvèrent dans les contre-allées. Cette tentative fut inaperçue. Les témoignages contemporains ne la racontent point. Elle est attestée par les arrêts du tribunal révolutionnaire qui, plus d’un an après, condamna pour ce fait un jeune homme nommé Devaux.

Le trajet dura une heure ; à dix heures dix minutes la voiture s’arrêta sur la place Louis XV, qui se nommait alors place de la Révolution. L’échafaud avait été placé près de l’entrée des Champs-Élysées , au milieu d’un grand espace vide qu’entouraient des colonnes de troupes et des canons. Le bourreau vint ouvrir la portière. « Messieurs, dit le roi d’une voix ferme avant de descendre en montrant l’abbé Edgeworth, je vous recommande monsieur que voilà. Ayez soin qu’après ma mort il ne lui soit fait aucune insulte ; je vous charge d’y veiller. — Oui ! oui ! nous en aurons soin; laissez-nous faire, « répondirent-ils avec brutalité.

Dès que le roi fut descendu de la voiture, les bourreaux l’entourèrent et voulurent lui ôter son habit; il les repoussa et se déshabilla lui-même; il défit son col et rabattit sa chemise. On voulut lui lier les mains.

« Que prétendez-vous? dit-il avec vivacité. — Vous lier , dirent-ils. — Je n’y consentirai pas , » repartit le roi. Les bourreaux semblaient déterminés à employer la violence; il regarda son confesseur, comme pour le consulter. « Sire, lui dit l’abbé Edgeworth , ce sera une ressemblance de plus avec le divin Sauveur. *•

Il leva les yeux au ciel avec une expression d’amère douleur. « 11 ne faut rien moins que son exemple

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