LES GIRONDINS. — LE 31 MAI
La Convention, dans sa séance de la nuit du 19 au 20 janvier, avait prononcé la sentence du roi , s’en remettant au conseil exécutif et à la commune de Paris, pour les détails de l’exécution. Quelques heures après, elle reprit le cours de ses travaux.
Le grand acte qu’elle venait de consommer n’était pas destiné à lui donner la dignité et le calme qui jusqu’alors lui avaient manqué. Dès l’ouverture de la séance, une lettre de Kersaint faisait présager la continuation des discordes et des luttes intestines de l’Assemblée. Il envoyait sa démission; l’affaiblissement de sa santé lui rendait impossible de vivre au milieu d’une Assemblée aussi orageuse. « Mais ce qui est encore plus impossible, disait-il, c’est de supporter la honte de m’asseoir avec des hommes de sang, alors que leur avis, précédé de la terreur, l’emporte sur celui des gens de bien. Si l’amour de mon pays m’a fait endurer le malheur d’être le collègue des panégyristes et des promoteurs des assassinats du 2 septembre, je veux du moins défendre ma mémoire du reproche d’avoir été leur complice. »
Les Jacobins de l’Assemblée voulaient que Kersaint fût mandé à la barre pour déclarer quels étaient les assassins de septembre, et qu’il fût, ainsi que Manuel, déclaré infâme et traître à la patrie.
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