‹ Histoire de la Convention nationale. T. 2Chapitre 80 sur 137 · POURSUITE DES ASSASSINS DU 2 SEPTEMBRE · texte numérisé non relu

POURSUITE DES ASSASSINS DU 2 SEPTEMBRE

En votant la mort du roi , les Girondins s’étaient promis d’obtenir en même temps une majorité pour emporter un décret qui constaterait que la sentence de Louis XVI n’était pas une victoire remportée sur eux, ni la preuve d’une lâche soumission. A cet effet, ils avaient combiné une scène parlementaire.

« Avoir puni le tyran, dit Gensonné, c’est avoir fait seulement la moitié de votre devoir. Le complément de votre sagesse sera de poursuivre les provocateurs, auteurs, complices et adhérents des assassinats et brigandages qui ont eu lieu les 2 et 3 septembre. » Les trois quarts de l’Assemblée se levèrent en criant : « Oui! oui! Aux voix! » Marat et ses amis demandaient la question préalable ou l’ajournement.

Barère appuya la proposition de Gensonné. « Vous n’avez pas craint les poignards des royalistes ; vous ne craindrez pas ceux des assassins. Il est temps d’éprouver par de grandes mesures le tempérament politique de la république. La tête du tyran est tombée; abattez celles des assassins. Expulsez la famille des Bourbons; l’ajournement vous déshonorerait. »

La Convention était dans cette disposition d’entraînement, où toute discussion est impossible. La Montagne réussit seulement à introduire un article qui ordonnait de poursuivre aussi les hommes qui, le 10 août, au château des Tuileries, s’étaient trouvés réunis et armés contre le peuple.

La séance du 21 janvier s’ouvrit quelques moments après le supplice du roi. Un pétitionnaire avait demandé que son corps lui fût remis pour être enseveli à Sens auprès de son père, le dauphin fils de Louis XV. La Convention chargea le conseil exécutif de l’inhumation. Les ministres avaient déjà fait préparer au

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