DISCUSSION SUR LE 2 SEPTEMBRE
Buzot fut fort applaudi; sa proposition fut jointe à la proposition de Kersaint.
Dès le lendemain, le combat recommença, et déjà se fit sentir l’action de la société des Jacobins sur la Convention. Chabot y avait dénoncé les intrigues des Girondins, leur projet de dépopulariser Danton , Robespierre et Collot, leur espérance d’avoir pour partisans les deux tiers de la représentation nationale ;
11 avait demandé que Brissot fût tenu de venir s’expliquer, sous peine d’être rayé de la société. Fauchet avait encouru cette peine deux jours auparavant.
Pendant la discussion de la veille, Lasource, dans une conversation particulière , avait parlé de l’ambition de certains hommes qui prétendaient au pouvoir dictatorial. Ce propos fut dénoncé par Merlin de Thionville: « J'invite Lasource, dit-il, à m’indiquer le parti dictatorial qui, s’il faut l’en croire, existe dans l’Assemblée, afin que je poignarde les hommes assez pervers pour demander le triumvirat ou la dictature. »
Lasource ne renia point ses paroles : « J’entendais crier, dit-il, contre le projet présenté pour la punition des provocateurs à l’assassinat, et contre la proposition de former une garde départementale afin de veiller à la sûreté de la Convention. Ce n’est pas le peuple, ce ne sont pas les citoyens de Paris qu’elle peut craindre. Je distingue soigneusement le peuple, que j’aime, des scélérats qui se couvrent de son nom, et pour lesquels je n’aurai jamais que haine et horreur. Je crains le brigand qui pille et l’assassin qui poignarde. Ceuxlà, s’étonne-t-on si nous les craignons! » Puis il remercia Merlin lui-même de l’avoir averti, quelques jours auparavant, qu’ainsi que plusieurs autres députés, il