DÉMISSION DE ROLAND
La proposition des visites domiciliaires fut renvoyée au comité de législation. Il fut résolu que le comité de sûreté générale serait renouvelé; à la séance du soir, la Montagne profita de l’absence d’une grande partie de la majorité et composa à son gré ce comité, dont l’importance était grande.
Le lendemain, Kersaint comparut et ne désavoua ni sa lettre, ni sa démission; il s’expliqua sur les promoteurs de septembre, en disant que sa pensée s’était portée seulement sur Marat. 11 lui avait été toujours pénible de siéger sur les mêmes bancs qu'un homme qui avait demandé deux cent mille têtes.
L’acharnement des Jacobins à poursuivre la destitution de Roland avait fini par le lasser ; il voyait que ses amis n’étaient plus en mesure de le défendre. Depuis trois mois, une accusation succédait à une autre. M“" Roland s’était trouvée impliquée dans une absurde et ridicule querelle, suscitée par Marat et ses amis. Elle-même avait été obligée de comparaître à la barre, où elle avait repoussé avec dignité l’imputation qui lui était adressée. 11 s’agissait d’un agent de police envoyé à Londres par le ministre des affaires étrangères. Chabot et quelques autres Montagnards voulaient absolument en faire un conspirateur ; il avait écrit une lettre à Mm* Roland ; elle avait refusé de la recevoir. Cette méprise des ennemis de Roland avait pour un instant fait rire à leurs dépens, mais ne les avait point découragés.
Le principal grief, c’était le journal de Louvet et les publications encouragées par Roland. Sa mésintelligence avec Pache troublait les délibérations du conseil exécutif. Ce fut le motif que Roland donna pour