‹ Histoire de la Convention nationale. T. 2Chapitre 83 sur 137 · OBSÈQUES DE LEPELLET1ER · texte numérisé non relu

OBSÈQUES DE LEPELLET1ER

sa démission qu’il adressa à l’Assemblée. Sa conscience, disait-il, lui interdisait de signer le compte général présenté à la fin de chaque mois par le conseil des ministres, attendu qu’il n’accordait nulle confiance au rapport du ministre de la guerre. En même temps il signalait de graves désordres dans l’administration militaire.

Après avoir parlé, avec son emphase accoutumée, de ses propres vertus, de son désintéressement, de son patriotisme, de son courage à lutter contre les hommes vicieux et exagérés, il expliquait sa retraite, par la crainte qu’il avait d’entretenir la défiance et la division dans le corps législatif. « Je me présente, disait-il, à mes contemporains et à la postérité avçc mes œuvres; elles parlent pour moi. »

Cette lettre fut bien accueillie; l’impression et l’envoi dans les départements furent proposés. Les clameurs de la Montagne furent bruyantes. Robespierre le jeune fut rappelé à l’ordre pour avoir crié que Roland était un scélérat. La proposition fut adoptée. Garat demeura chargé , par intérim, du portefeuille de l’intérieur, en conservant le département de la justice.

Les obsèques de Lepelletier furent célébrées avec une pompeuse solennité. Un lit mortuaire avait été posé sur le piédestal, qui portait naguère la statue de Louis XIV dans la place Vendôme. Le corps était exposé sur ce lit ensanglanté; il était nu jusqu’à la ceinture, et l’on voyait à découvert sa profonde et large plaie. Ainsi l’avait disposé David. II s’était placé aussi sur le piédestal, avec un chevalet et une toile ; de sorte qu’il donna au peuple le spectacle du peintre

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